64% des salarié·e·s dans le monde ont utilisé l’IA au travail au cours des 12 derniers mois, selon l’étude PwC Global Workforce Hopes and Fears Survey 2026, publiée fin septembre 2026. Dans le même temps, la part des salarié·e·s qui estiment avoir accès aux ressources de formation nécessaires est passée de 59% à 51% en un an. L’adoption accélère, l’accès à la formation recule. Ce paradoxe concerne directement les entreprises de Suisse romande qui déploient l’IA sans plan de formation: voici la lecture d’On Future.
Ce que dit l’étude PwC 2026: l’adoption de l’IA progresse, l’accès à la formation recule
Selon l’étude PwC publiée en septembre 2026, 64% des salarié·e·s ont utilisé l’IA au travail sur les 12 derniers mois, soit 10 points de plus qu’un an plus tôt.
La Global Workforce Hopes and Fears Survey 2026 a interrogé 49’364 salarié·e·s dans 48 pays et 29 secteurs, en mai et juin 2026. Trois chiffres décrivent l’accélération en cours:
- 22% des salarié·e·s utilisent l’IA générative chaque jour, contre 14% un an plus tôt;
- 59% s’attendent à utiliser davantage l’IA l’an prochain;
- 4 salarié·e·s sur 10 ont dû mobiliser de nouvelles compétences dans une large mesure sur l’année écoulée.
Pendant ce temps, l’accès à la formation fait le chemin inverse. 51% des salarié·e·s estiment avoir accès aux ressources de formation nécessaires, contre 59% un an plus tôt. Huit points perdus en un an, au moment précis où le besoin augmente. La nuance a son importance: ce chiffre mesure l’accès déclaré aux ressources de formation, pas le fait d’être formé·e. En clair, 1 salarié·e sur 2 a accès à la formation, pendant que près de 2 sur 3 utilisent déjà l’IA.
Précision de méthode, enfin: ces données sont déclaratives et décrivent des corrélations, pas des causalités.
Quatre profils de salarié·e·s face à l’IA: la grille de lecture PwC
PwC répartit les 49’364 répondant·e·s en quatre profils, selon deux axes: la rareté des compétences et la maîtrise de l’IA.
| Profil | Part des effectifs | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Front-runners | 14% | Compétences rares et solide maîtrise de l’IA |
| AI insurgents | 18% | Compétences moins rares, forte productivité grâce à l’IA |
| Indispensables | 11% | Compétences très recherchées, usage de l’IA peu avancé |
| Salle des machines | 56% | Ni compétences rares ni maîtrise de l’IA |
Cette grille ne mesure pas la valeur des personnes, elle mesure une exposition. Plus un profil combine compétences recherchées et usage avancé de l’IA, plus il capte les bénéfices de la transformation en cours. À l’autre bout, la salle des machines concentre le risque: seuls 2 salarié·e·s sur 5 y déclarent avoir accès à la formation (PwC, 2026).
L’angle mort: la majorité des effectifs
56% des salarié·e·s appartiennent à la salle des machines, le groupe qui assure le fonctionnement quotidien des organisations, et c’est lui qui a le moins accès à la formation (PwC, 2026).
Le vrai risque n’est donc pas l’IA elle-même, mais l’écart qui se creuse à l’intérieur des entreprises. D’un côté, une minorité formée gagne en productivité et en visibilité. De l’autre, la majorité qui fait tourner l’activité reste à l’écart des apprentissages, et se révèle la moins récompensée quand elle apprend. À terme, deux dynamiques cohabitent sous le même toit: des gains rapides pour quelques-un·e·s, une employabilité qui s’effrite pour beaucoup.
Former ses salarié·e·s à l’IA agit aussi sur la rétention. 29% des front-runners envisagent de changer d’employeur dans l’année (PwC, 2026): les profils qui maîtrisent le mieux l’IA sont aussi les plus mobiles. Former puis reconnaître les compétences devient un double levier, faire progresser la majorité et donner à la minorité avancée une raison de rester. Cette reconnaissance passe notamment par des titres orientés pratique, qui pèsent dans les décisions d’embauche, comme le montre notre comparatif brevet fédéral ou bachelor: ce que disent les recruteurs suisses.
Ce que cela signifie pour les entreprises de Suisse romande
Le schéma mesuré par PwC, 64% d’adoption pour 51% d’accès à la formation, se reproduit dans les organisations romandes qui déploient Copilot, ChatGPT ou Claude (Anthropic) sans plan de formation structuré.
Le scénario se répète d’une entreprise à l’autre. Les licences arrivent d’abord, portées par quelques utilisateur·rice·s convaincu·e·s. La formation vient ensuite, quand elle vient. Entre les deux, chacun·e se débrouille: les profils déjà à l’aise accélèrent, les équipes opérationnelles décrochent, et la grille PwC se matérialise localement. Côté employeurs, notre décryptage de l’étude UBS sur l’IA dans les entreprises suisses, fondé sur l’enquête UBS/Intervista menée en mai 2026 auprès d’environ 2’500 entreprises, montre le versant entreprises de ce même mouvement.
Dans les formations que nous animons en entreprise à Genève et Lausanne, le point de départ est presque toujours le même: des licences déployées depuis plusieurs mois, une poignée d’utilisateur·rice·s avancé·e·s qui ont tout appris seul·e·s, et des équipes opérationnelles qui n’ont jamais reçu une heure de formation structurée. L’écart décrit par PwC n’est pas une projection: il est déjà installé.
Ce schéma n’a pourtant rien d’inévitable. Les organisations qui planifient la formation IA en entreprise en même temps que le déploiement des outils évitent la fracture interne décrite plus haut. Pour structurer le volet outils et gouvernance, notre guide pratique de l’IA pour les PME suisses détaille la démarche pas à pas; l’article que vous lisez se concentre sur le volet compétences.
Par où commencer: 4 recommandations pour former vos équipes à l’IA
Quatre actions permettent de réduire l’écart mesuré par PwC entre 64% d’adoption et 51% d’accès à la formation.
1. Mesurez l’accès réel à la formation, population par population
Une moyenne d’entreprise masque les écarts. Mesurez l’accès à la formation par métier, par site et par statut, puis croisez ces résultats avec les usages réels de l’IA. Le signal d’alerte donné par PwC est précis: dans la salle des machines, seuls 2 salarié·e·s sur 5 déclarent avoir accès à la formation.
2. Ouvrez l’IA aux métiers opérationnels, avec du temps dédié
Distribuer des licences ne forme personne. Réservez du temps de pratique sur des cas tirés du quotidien: réponses aux clients, documents internes, contrôles, planification. Les équipes opérationnelles progressent vite quand la formation part de leurs tâches réelles plutôt que d’exemples génériques.
3. Valorisez l’apprentissage, pas seulement la performance
PwC relève que les salarié·e·s de la salle des machines sont les moins récompensé·e·s lorsqu’ils et elles apprennent. Inversez cette logique: intégrez la montée en compétences aux entretiens annuels, confiez des rôles de relais internes, rendez les progrès visibles. L’apprentissage devient alors un comportement attendu, pas une initiative isolée.
4. Structurez un parcours progressif, du certificat court au parcours certifiant
Un atelier isolé s’oublie, un parcours s’ancre. Commencez par une sensibilisation commune, poursuivez avec un certificat court pour les équipes, puis un parcours certifiant pour les personnes qui pilotent les usages. Ces dernières pourront ensuite préparer l’examen du brevet fédéral d’AI Business Specialist, un titre que la Confédération délivrera aux premier·ère·s lauréat·e·s à l’issue du premier examen fédéral organisé à l’automne 2026.
On Future, organisme certifié eduQua présent à Genève et à Lausanne, accompagne les entreprises romandes sur ces quatre chantiers. Pour comparer les formats, du certificat court au parcours préparant à un examen fédéral, consultez les formations en intelligence artificielle d’On Future.
Questions fréquentes sur l’IA au travail et la formation
Combien de salariés utilisent l’IA au travail en 2026?
En 2026, 64% des salarié·e·s dans le monde ont utilisé l’IA au travail au cours des 12 derniers mois, soit 10 points de plus qu’un an plus tôt, selon l’étude PwC publiée en septembre 2026. L’usage quotidien de l’IA générative atteint 22%, contre 14% un an auparavant.
Les salariés sont-ils formés à l’IA?
L’accès à la formation à l’IA recule: 51% des salarié·e·s estiment avoir accès aux ressources de formation nécessaires, contre 59% un an plus tôt (PwC, 2026). Ce chiffre mesure l’accès aux ressources, pas le fait d’être formé·e. L’écart entre l’usage de l’IA et la montée en compétences se creuse donc.
Comment former ses équipes à l’IA en entreprise?
Former ses équipes à l’IA commence par mesurer l’accès réel à la formation, population par population, puis par donner du temps de pratique aux métiers opérationnels sur leurs cas concrets. Un parcours progressif, du certificat court au parcours certifiant, ancre ensuite les compétences dans la durée.
Pourquoi former ses salariés à l’IA réduit-il le turnover?
La formation à l’IA agit sur la rétention parce que les profils qui maîtrisent l’IA sont aussi les plus mobiles: 29% des front-runners envisagent de changer d’employeur dans l’année (PwC, 2026). Une entreprise qui forme ses équipes et valorise l’apprentissage donne une raison de rester à celles et ceux qui pourraient partir.