En Suisse, pour les professions à salaire intermédiaire, les recruteurs privilégient souvent les titulaires d’un brevet fédéral par rapport aux titulaires d’un bachelor HES ou universitaire: c’est la conclusion d’une étude publiée en 2026 par la Haute école fédérale en formation professionnelle (HEFP) auprès d’environ 1’500 responsables du recrutement. Ce résultat bouscule une hiérarchie bien ancrée dans les esprits, celle qui place systématiquement le titre académique devant le titre professionnel. Voici ce que disent les chiffres, ce qu’ils ne disent pas, et comment les utiliser pour orienter votre choix de formation.
Que dit l’étude HEFP 2026 sur l’embauche?
Pour les professions à salaire intermédiaire, les responsables du recrutement privilégient les titulaires d’un brevet fédéral ou d’un diplôme fédéral par rapport aux titulaires d’un bachelor HES ou universitaire: c’est le résultat principal de l’étude menée par la HEFP et publiée dans la revue skilled 2/26 par Antje Stefani, Miriam Grønning et Irene Kriesi.
La méthode donne du poids à cette conclusion. Les chercheuses ont présenté des candidatures fictives à environ 1’500 responsables du recrutement, sur la base d’offres d’emploi réelles couvrant 31 domaines de formation. L’enquête a été conduite en Suisse alémanique, une précision utile pour interpréter les résultats à l’échelle nationale.
Pourquoi cette préférence? Les recruteurs interrogés associent les profils issus de la formation professionnelle supérieure à trois atouts:
- une meilleure intégration à l’équipe;
- une fidélité plus forte à l’entreprise;
- une productivité perçue comme supérieure à celle des titulaires d’un bachelor universitaire.
Un rappel pour situer les titres: la formation professionnelle supérieure (FPS) réunit les examens professionnels fédéraux, qui délivrent les brevets, les examens professionnels fédéraux supérieurs, qui délivrent les diplômes, et les filières des écoles supérieures. C’est la voie du degré tertiaire orientée vers la pratique.
Brevet fédéral ou bachelor HES: qui a l’avantage?
Tout dépend du niveau de salaire de la fonction visée: pour les postes à salaire intermédiaire, le brevet fédéral et le diplôme fédéral devancent le bachelor; pour les postes à salaire élevé, le bachelor HES reprend un léger avantage.
Le cas du bachelor universitaire surprend davantage. Même pour les professions à salaire élevé, il ne procure aucun avantage par rapport à la formation professionnelle supérieure. Cet équilibre s’explique notamment par des prétentions salariales perçues comme plus raisonnables du côté des profils FPS.
| Type de poste | Profil privilégié | Pourquoi, selon l’étude |
|---|---|---|
| Professions à salaire intermédiaire | Brevet fédéral ou diplôme fédéral | Intégration à l’équipe, fidélité à l’entreprise, productivité perçue supérieure au bachelor universitaire |
| Professions à salaire élevé, face au bachelor HES | Bachelor HES, avec un léger avantage | Avantage mesuré par l’enquête, sans renversement complet de la tendance |
| Professions à salaire élevé, face au bachelor universitaire | Égalité entre bachelor universitaire et FPS | Prétentions salariales des profils FPS perçues comme plus raisonnables |
Conclusion pratique: la question « brevet fédéral ou bachelor? » n’a pas une réponse unique, mais une réponse par type de fonction. Pour une fonction spécialisée et opérationnelle, le brevet fédéral est un choix solide; pour une fonction très rémunérée à forte composante théorique, le bachelor HES conserve un léger ascendant.
Quel taux d’emploi après un brevet fédéral?
Environ 95% des diplômés de la formation professionnelle supérieure sont en emploi en début de carrière, contre à peine plus de 90% des diplômés des universités et des HES, selon la HEFP.
Ce différentiel s’accompagne d’un poids quantitatif largement sous-estimé par le grand public. En 2024, la Suisse a délivré environ 94’000 diplômes du degré tertiaire, dont près d’un tiers relèvent de la formation professionnelle supérieure. Et selon les données de l’Office fédéral de la statistique citées par la HEFP, environ la moitié des diplômes « de niveau bachelor » proviennent de la FPS.
Autrement dit, le brevet fédéral n’est pas une voie marginale. C’est un pilier du système tertiaire suisse, auquel les entreprises recourent massivement pour recruter des spécialistes immédiatement opérationnels.
Les limites: ce que le brevet fédéral ne promet pas
Le brevet fédéral ne garantit ni les salaires moyens les plus élevés ni l’accès aux carrières académiques. Selon une étude HEFP de 2021, les salaires moyens des diplômés de la formation professionnelle supérieure restent inférieurs à ceux des diplômés des universités et des HES, notamment parce que certaines professions prestigieuses exigent un master universitaire.
Il faut aussi rappeler que les deux titres relèvent de logiques différentes. Le brevet fédéral valide une expertise pratique, acquise et exercée en emploi; le bachelor ouvre la voie des parcours académiques, jusqu’au master et au-delà. Il n’existe pas d’équivalence académique entre les deux.
Ce positionnement honnête fait précisément la valeur du titre: les recruteurs savent exactement ce qu’il garantit. Un brevet fédéral signale une personne expérimentée, spécialisée, opérationnelle dès le premier jour; un bachelor signale un socle théorique large et une capacité d’abstraction. Les deux profils coexistent sur le marché, et l’étude HEFP 2026 montre simplement que, pour une large partie des fonctions spécialisées, le premier est au moins aussi recherché que le second.
Et le Professional Bachelor dans tout ça?
Depuis le 1er octobre 2026, les titulaires d’un brevet fédéral peuvent faire suivre leur titre du complément facultatif « Professional Bachelor ». Ce complément ne transforme pas le brevet en bachelor académique: il améliore la lisibilité du titre, notamment à l’international, sans en modifier la nature. Il ne change rien non plus aux résultats présentés ici, qui portent sur la valeur du titre lui-même auprès des recruteurs. Pour les règles d’usage et les cas concrets, consultez notre article dédié au Professional Bachelor en Suisse.
Quels brevets fédéraux préparer en Suisse romande?
En Suisse romande, On Future, institut certifié eduQua présent à Genève et Lausanne, prépare à trois examens professionnels fédéraux dans les domaines de l’IA, du marketing et du management:
- La préparation au brevet fédéral d’AI Business Specialist vise un examen dont la toute première session nationale se tiendra à l’automne 2026: personne ne détient encore ce titre, et la première promotion On Future se présentera à l’examen à l’automne 2027.
- La préparation au brevet fédéral de spécialiste en marketing s’adresse aux professionnels du marketing qui visent une fonction de spécialiste reconnue au niveau fédéral.
- La préparation au brevet fédéral de spécialiste en conduite d’équipe cible les responsables d’équipe qui souhaitent faire valider leurs compétences de conduite par un examen fédéral.
Côté financement, la règle est simple. La Confédération (SEFRI) rembourse jusqu’à 50% des frais de cours préparatoires après la présentation à l’examen fédéral, quel que soit le résultat. Des aides cantonales peuvent compléter ce dispositif: notre guide pour financer un brevet fédéral en Suisse romande recense les aides disponibles.
Questions fréquentes sur le brevet fédéral et le bachelor
Le brevet fédéral vaut-il un bachelor?
Le brevet fédéral et le bachelor relèvent tous deux du degré tertiaire, mais appartiennent à des filières différentes: il n’existe pas d’équivalence académique entre les deux titres. À l’embauche, pour les fonctions spécialisées à salaire intermédiaire, l’étude HEFP 2026 montre que les recruteurs privilégient souvent le brevet fédéral.
Brevet fédéral ou bachelor HES: que choisir?
Le choix entre brevet fédéral et bachelor HES dépend de la fonction visée. Pour les fonctions spécialisées et opérationnelles, les recruteurs privilégient le brevet fédéral; pour les fonctions très rémunérées à forte composante théorique, l’étude HEFP 2026 observe un léger avantage pour le bachelor HES.
Quel est le taux d’emploi après un brevet fédéral?
Le taux d’emploi en début de carrière atteint environ 95% pour les diplômés de la formation professionnelle supérieure, dont relèvent les titulaires d’un brevet fédéral. Selon la HEFP, il dépasse à peine 90% pour les diplômés des universités et des HES.
Les employeurs suisses reconnaissent-ils le brevet fédéral?
Oui, les employeurs suisses reconnaissent largement le brevet fédéral: près d’un tiers des quelque 94’000 diplômes du degré tertiaire délivrés en 2024 relèvent de la formation professionnelle supérieure. Les recruteurs associent ce titre à une opérationnalité immédiate en entreprise.
Un brevet fédéral permet-il de porter le titre « Professional Bachelor »?
Oui, depuis le 1er octobre 2026, les titulaires d’un brevet fédéral peuvent utiliser le complément de titre facultatif « Professional Bachelor ». Les règles d’usage sont détaillées dans notre article sur le Professional Bachelor en Suisse.
Peut-on faire financer un brevet fédéral?
Oui, la Confédération (SEFRI) rembourse jusqu’à 50% des frais de cours préparatoires après la présentation à l’examen fédéral, quel que soit le résultat. Des aides cantonales peuvent compléter ce financement: notre guide pour financer un brevet fédéral en Suisse romande détaille les démarches.