
Le 2 juillet 2026, On Future a co-organisé à Genève le premier événement Claude de Suisse romande. Baptisée « Claude for Leaders » et accueillie par Spaces, la soirée réunissait l’ambassadeur officiel d’Anthropic Olivier Legris et des intervenants de terrain, pour plus de 500 demandes d’inscription et seulement 50 places. Le Temps y a consacré un article. Mais au-delà de l’événement, ce sont deux keynotes exigeantes sur l’adoption réelle de l’IA qui méritent d’être retenues.
Un premier événement Claude en Suisse romande, co-organisé par On Future
Zurich avait déjà accueilli deux rendez-vous. La Suisse romande, aucun. En réunissant « Claude for Leaders » à Genève, On Future a placé la région sur la carte de l’IA appliquée: c’était le premier événement officiel dédié à Claude, l’assistant IA d’Anthropic, organisé de ce côté de la Sarine.
Le signal le plus parlant n’était pas sur scène: 50 places disponibles, plus de 500 demandes d’inscription. Dix fois plus de demandes que de sièges, pour un événement annoncé sobrement, sans campagne publicitaire. Dirigeants de PME, responsables innovation de grands groupes, indépendants, profils juridiques et financiers: la demande venait de tous les secteurs. Elle confirme ce que montrent déjà l’état des lieux de l’IA dans les entreprises suisses et l’étude UBS sur l’IA en entreprise: l’adoption individuelle est massive, la transformation organisationnelle reste le vrai chantier.

Transformation IA dans un secteur « traditionnel »
Benoît Gaillard, Senior Manager AI Product Management chez Caterpillar, a partagé son expérience sur le déploiement de l’IA à l’échelle d’un grand groupe industriel: gouvernance, passage à l’échelle et réalités d’un environnement corporate. Un enjeu technique, mais aussi très humain, où l’adhésion des équipes et la conduite du changement pèsent autant que la technologie elle-même.
Réussir le virage IA: la keynote d’Eglantine Daguet
Fondatrice d’AI Comms Factory, Eglantine Daguet a posé le cadre avec une donnée qui résume tout le défi actuel: 89 % des collaborateurs utilisent déjà l’IA au travail, mais seuls 9 % estiment qu’elle a transformé le business model de leur entreprise. La technologie est là. Pas la transformation.
Elle distingue trois niveaux de maturité: la productivité individuelle, la réinvention des workflows, puis la réinvention de la proposition de valeur. La plupart des organisations restent au premier. Et l’arrivée de l’IA agentique change la donne: ce n’est plus un logiciel plus intelligent, c’est un logiciel qui agit à votre place. La gouvernance ne peut plus être une couche ajoutée après coup, elle doit être intégrée « by design ».
Le cœur de sa keynote tient en cinq leviers qui font vraiment la différence entre expérimenter et transformer:
- 1. Les données: la fondation de tout. Sans données propres, structurées et accessibles, aucun cas d’usage ne tient à l’échelle.
- 2. La gouvernance: elle se construit par couches. Concrètement: une structure « hub and spoke », et une couche de supervision entre les agents IA et vos systèmes, une « tour de contrôle » pour orchestrer les agents, avec des garde-fous pré-action qui vérifient (et bloquent) une action dangereuse avant qu’elle ne s’exécute. Se protéger avant de déployer.
- 3. Les besoins métiers: partir des irritants du terrain, pas d’un brainstorming sur l’IA: une enquête terrain. Puis sélectionner les cas d’usage sur trois critères (faisabilité technique, ROI chiffré dès le départ, scalabilité), en priorisant les quick wins (lancer maintenant) et les projets structurants (6 mois à un an), testés sur un petit périmètre.
- 4. Le choix des solutions IA: privilégier des solutions durables et souveraines. Et surveiller l’angle mort de la transformation: la maîtrise des coûts. Attention au KPI piège, le nombre d’utilisateurs actifs, qui mesure l’usage, pas la valeur.
- 5. L’adoption en interne: le vrai défi. Eglantine cite la règle BCG du 10/20/70: la technologie ne pèse que 10 %, le reste est humain et organisationnel.
« L’enjeu est de faire émerger des rôles translationnels (référents IA métiers, product owners Data & IA, champions métiers) qui démultiplient les noyaux d’expertise existants. Former est nécessaire, mais insuffisant. »
Eglantine Daguet, AI Comms Factory
Sa conclusion est un avertissement stratégique: les organisations qui traitent l’IA comme un « one-time upgrade » risquent de préserver leurs anciens modèles au lieu de se transformer. D’où la question qu’elle laisse à l’auditoire: « Si nous lancions notre entreprise aujourd’hui avec l’IA, la construirions-nous de la même façon? »
« Tout est un problème de code »: la keynote de Sacha Blaise
Consultant IA & webmarketing chez Procab Studio et intervenant pour On Future, Sacha Blaise a livré un déclic simple et redoutable: « Tout est un problème de code. Ou presque. » Reporting, tableaux de bord, pages de vente, campagnes, devis, relances de factures, tri de candidatures, synthèses de réunions, support client: une immense partie du quotidien d’une entreprise est, au fond, une tâche que l’on peut décrire, et donc faire construire.
Son message aux dirigeants: le code n’est plus réservé aux développeurs. Hier, construire une automatisation exigeait de solides connaissances techniques. Aujourd’hui, une conversation avec Claude suffit. La barrière technique tombe ; l’expertise métier, elle, reste et devient le vrai différenciateur. Démonstration à l’appui avec Claude Code: on décrit, il construit, en quelques minutes.
Sa recette pour construire un outil qui marche vraiment tient en trois ingrédients, plus un: Créativité (votre idée, votre angle) + Expertise (ce que vous êtes seul à savoir) + Données & contexte (le réel de votre métier), le tout affiné par une dose d’entraînement, car à chaque construction, on guide mieux la machine. Le point clé pour un dirigeant: l’IA touche désormais tous les niveaux hiérarchiques, de la production au top management, et les fonctions de direction doivent savoir ce qui est concrètement possible. Sa présentation est consultable en ligne.

Ce que les entreprises cherchent vraiment
La session de questions-réponses a confirmé le diagnostic des deux keynotes. Presque aucune question sur les scores de tel ou tel modèle. Les préoccupations portaient sur la souveraineté des données: où sont-elles stockées, comment sont-elles traitées, que se passe-t-il si l’on change de fournisseur? Le verrouillage fournisseur, le fameux vendor lock-in, revient systématiquement chez les décideurs romands. L’autre grande famille de questions: qui est à la pointe, et comment utiliser ces outils concrètement, sans discours commercial. Exactement les préoccupations que les formateurs d’On Future entendent en salle depuis des mois. Pour les PME au tout début de ce cheminement, le guide pratique IA pour les PME d’On Future couvre ces premières étapes.
De la curiosité à la compétence: la place de On Future
500 demandes pour 50 places, ce n’est pas qu’un chiffre. C’est le symptôme d’un déséquilibre: la demande de compréhension dépasse largement l’offre d’espaces où l’on parle d’IA concrètement, en français, avec des praticiens. Une soirée répond à la curiosité. Elle ne construit pas une compétence. Or c’est précisément la compétence qui sépare les 89 % d’utilisateurs des 9 % d’entreprises réellement transformées.
La formule d’Eglantine Daguet, « former est nécessaire, mais insuffisant », résume la mission qu’On Future s’est donnée: ne pas se limiter à transmettre un savoir, mais faire émerger dans les organisations les compétences et les rôles capables de piloter la donnée, la gouvernance et l’adoption. Comprendre l’écosystème Anthropic ne suffit pas ; il faut des collaborateurs capables d’identifier les cas d’usage, d’en évaluer la faisabilité et d’accompagner l’adoption interne.

C’est la raison d’être d’On Future. Ses formations en intelligence artificielle transforment l’intérêt en compétences opérationnelles, du certificat court au Brevet Fédéral. Les entreprises qui souhaitent former leurs équipes à l’IA peuvent le faire à Genève et à Lausanne, en présentiel ou à distance, à commencer par les formations à Genève, à quelques minutes du lieu de la soirée, ou l’ensemble des parcours pour se former à l’IA en Suisse romande.
Une chose est certaine: la Suisse romande n’est plus en périphérie de la carte de l’IA. En co-organisant son premier événement Claude, Genève y gagne une place officielle, et On Future s’y positionne comme l’un des acteurs qui relient la technologie de pointe et le terrain des entreprises romandes. Avec 450 personnes restées sur liste d’attente, ce premier rendez-vous ne sera pas le dernier.
Formez vos équipes à l’IA
Passer de l’intérêt à la compétence: c’est la mission d’On Future, qui forme les professionnels et les équipes romandes à l’intelligence artificielle, à Genève et Lausanne. Découvrez la formation Spécialiste IA pour l’entreprise ou contactez On Future pour un programme sur mesure.
