Saisie de données en double, relances oubliées, rapports compilés à la main chaque lundi matin. Une PME de 20 personnes peut perdre plus de 1 000 heures par an sur des tâches manuelles répétitives. Mille heures. L’équivalent d’un poste à mi-temps qui ne produit aucune valeur ajoutée.
La bonne nouvelle? La majorité de ces tâches peuvent être automatisées, sans écrire une seule ligne de code. C’est exactement ce que permet Make.com (anciennement Integromat): connecter vos applications entre elles et laisser la machine exécuter ce que vous faisiez à la main.
Chez On Future, nous sommes partenaire académique Make. Nous formons des équipes en Suisse romande à automatiser leurs processus métier depuis plusieurs années. Ce guide partage notre approche terrain: ce qui fonctionne, ce qui fait gagner du temps, et par où commencer concrètement.
Sommaire
Qu’est-ce que Make automatisation concrètement?
Make.com est une plateforme d’automatisation no-code. En termes simples, c’est un outil visuel qui connecte vos applications entre elles et déclenche des actions automatiques selon des règles que vous définissez.
Pensez-y comme un assistant invisible qui surveille vos outils 24h/24. Quand un événement se produit (un formulaire rempli, un email reçu, une facture générée), Make exécute une séquence d’actions à votre place: créer une fiche contact, envoyer une notification, classer un document.
Le principe repose sur trois éléments:
- Le déclencheur (trigger): l’événement qui lance le processus. Par exemple, un nouveau formulaire soumis sur votre site.
- Les modules: chaque application connectée (Gmail, Google Sheets, Slack, HubSpot, etc.) représente un module. Vous les assemblez visuellement, comme des pièces de puzzle.
- Les actions: ce que chaque module exécute. Envoyer un email, créer une ligne dans un tableau, poster un message.
L’ensemble s’appelle un scénario Make. Tout se construit par glisser-déposer, dans une interface graphique où vous voyez littéralement le flux de données se dessiner à l’écran. Make.com se connecte à plus de 3 000 applications, ce qui couvre la quasi-totalité des outils utilisés par une PME.
Mais qu’est-ce qu’on peut vraiment automatiser avec Make? Voici les cas d’usage les plus courants pour une PME.

5 processus concrets à automatiser avec Make
L’automatisation avec Make ne se limite pas à des cas théoriques. Voici cinq processus que nous rencontrons systématiquement chez les PME que nous accompagnons, avec les gains réels observés.
1. Qualification et suivi des leads
Sans automatisation: un prospect remplit un formulaire sur votre site. Quelqu’un doit vérifier la boîte mail, copier les informations dans le CRM, envoyer un email de confirmation, puis prévenir le commercial concerné. Délai moyen avant le premier contact: 24 à 48 heures. Des leads passent entre les mailles du filet.
Avec un scénario Make: dès que le formulaire est soumis, Make crée automatiquement la fiche dans votre CRM, envoie un email de bienvenue personnalisé au prospect et notifie le bon commercial dans Slack. Tout ça en moins de 30 secondes.
Applications connectées: WordPress/Typeform + HubSpot/Pipedrive + Gmail + Slack
Gain estimé: 3 à 5 heures par semaine pour une équipe qui traite 20 leads ou plus. Zéro lead oublié.
2. Génération de rapports automatiques
Sans automatisation: chaque lundi matin, quelqu’un ouvre trois ou quatre outils différents, exporte des données, les compile dans un tableur, met en forme et envoie le tout par email à la direction. Comptez 2 heures minimum.
Avec un scénario Make: le dimanche soir, Make collecte automatiquement les données de la semaine depuis vos différentes sources (CRM, Google Analytics, outil de facturation), génère un rapport structuré et l’envoie par email à la direction. Le lundi matin, le rapport est déjà dans la boîte de réception.
Applications connectées: Google Sheets + CRM + Google Analytics + Gmail
Gain estimé: 2 heures par semaine, avec des données plus fiables (pas d’erreur de copier-coller).
3. Gestion des factures et documents
Sans automatisation: les factures arrivent par email. Quelqu’un les télécharge, les renomme, les classe manuellement dans le bon dossier client sur le serveur, puis prévient la comptabilité. Un processus fastidieux qui génère des erreurs de classement.
Avec un scénario Make: quand un email contenant une facture arrive (Make détecte le mot « facture » dans l’objet ou la pièce jointe), le fichier est automatiquement extrait, renommé selon votre convention, classé dans le bon dossier Google Drive et la comptabilité reçoit une notification.
Applications connectées: Gmail + Google Drive + Slack/Email comptabilité
Gain estimé: 1 à 3 heures par semaine selon le volume de factures. Classement fiable à 100%.
4. Synchronisation entre outils métier
Sans automatisation: votre équipe commerciale met à jour les coordonnées d’un client dans le CRM. Mais l’outil de facturation contient encore l’ancienne adresse. Et le tableau de suivi sur Google Sheets n’a pas été mis à jour non plus. Résultat: des données incohérentes, des erreurs dans les factures, et beaucoup de frustration.
Avec un scénario Make: chaque modification dans le CRM se propage automatiquement dans vos autres outils. Une seule saisie, zéro double travail. Les données restent synchronisées en temps réel.
Applications connectées: CRM + Airtable/Notion + Google Sheets + outil de facturation
Gain estimé: difficile à chiffrer précisément, mais les erreurs liées aux données obsolètes disparaissent quasi totalement.
5. Relances clients automatisées
Sans automatisation: un devis envoyé reste sans réponse. Après quelques jours, il faut penser à relancer. Sauf que personne n’y pense systématiquement. Certains prospects sont relancés, d’autres non, selon qui y pense et quand.
Avec un scénario Make: si un devis n’a reçu aucune réponse après 5 jours (vous définissez le délai), Make envoie automatiquement un email de relance personnalisé et met à jour le statut dans le CRM. Après 10 jours sans réponse, une deuxième relance part. Le commercial est notifié pour un appel direct.
Applications connectées: CRM + Gmail + Slack
Gain estimé: au-delà du temps gagné (1 à 2 heures par semaine), ce sont surtout des ventes récupérées. Un système de relance systématique augmente le taux de transformation de 15 à 25% selon les secteurs.
Par où commencer: 3 étapes pour lancer votre premier scénario Make
L’automatisation fait envie sur le papier, mais par où commencer? Voici une méthode en trois étapes que nous utilisons systématiquement avec les entreprises que nous formons.
Étape 1: identifier le bon processus à automatiser en premier
Tous les processus ne méritent pas d’être automatisés dès le départ. Le bon candidat pour votre premier scénario Make réunit quatre critères:
- Répétitif: vous ou votre équipe l’exécutez au moins 3 fois par semaine.
- Déclencheur clair: il démarre toujours par le même événement (un email, un formulaire, une date).
- Données standardisées: les informations traitées suivent un format prévisible.
- Faible complexité décisionnelle: peu de cas particuliers ou d’exceptions à gérer.
Concrètement? Faites l’exercice cette semaine. Notez chaque tâche que vous répétez mécaniquement. La gestion des leads, la mise à jour d’un tableau de bord, l’envoi d’emails de confirmation: ce sont vos premiers candidats.
Étape 2: cartographier le scénario avant d’ouvrir Make
Avant de toucher à Make.com, prenez une feuille ou un tableau blanc. Dessinez votre processus en trois colonnes:
- Déclencheur: qu’est-ce qui lance le processus? (ex.: nouveau formulaire de contact)
- Données à transférer: quelles informations circulent? (ex.: nom, email, entreprise, message)
- Action finale: quel est le résultat attendu? (ex.: fiche CRM créée + email envoyé + notification Slack)
Ce petit schéma vous évitera de tâtonner dans l’interface. Vous saurez exactement quels modules connecter et dans quel ordre.

Étape 3: construire et tester le scénario
Ouvrez Make.com, créez un nouveau scénario et ajoutez vos modules un par un. L’interface est visuelle: vous glissez-déposez les modules, vous les connectez avec des flèches, et vous configurez chaque étape.
Un conseil important: testez avant d’activer. Make propose un mode test qui exécute votre scénario avec de vraies données sans l’activer en production. Vérifiez que chaque étape fonctionne, que les données circulent correctement, et corrigez les erreurs avant de passer en mode automatique.
Un scénario simple (formulaire → CRM → email de bienvenue) se construit en 15 à 30 minutes. Les scénarios plus complexes, avec des conditions ou des boucles, demandent quelques heures de travail. On Future propose un accompagnement structuré pour les entreprises qui veulent sécuriser leur démarche: audit des processus automatisables, construction des premiers scénarios en atelier, ou formation Make complète pour vos équipes. Prenez contact avec notre équipe pour définir la formule adaptée à votre contexte.
Make automatisation et intelligence artificielle: ce qui change en 2026
L’automatisation « classique » suit des règles fixes: si A, alors B. C’est puissant, mais limité aux situations prévisibles. En 2026, Make franchit un cap en intégrant l’intelligence artificielle directement dans ses scénarios.

Make propose désormais des modules IA natifs (Make AI Agents, Make AI Toolkit) disponibles sur tous les plans payants. Ces modules se connectent à des modèles comme ChatGPT, Claude ou Gemini pour analyser du texte, classifier des données, ou générer du contenu, le tout intégré dans vos scénarios existants.
Un exemple concret? Imaginez un scénario de traitement des emails entrants au service support. Sans IA, vous pouvez trier les emails selon l’expéditeur ou des mots-clés dans l’objet. Avec un module IA, Make analyse le contenu complet de l’email, détecte le sujet (technique, commercial, facturation), évalue l’urgence, et route automatiquement la demande vers la bonne équipe. Un email commercial urgent part directement au directeur des ventes avec une notification prioritaire. Un email de facturation standard est archivé et assigné à la comptabilité.
L’IA permet aussi d’automatiser des tâches qui nécessitaient auparavant un jugement humain: résumer un document, rédiger une réponse adaptée au ton du client, extraire des données structurées depuis un PDF non standardisé.
Pour aller plus loin sur ce sujet, nous avons publié un guide complet avec 7 cas d’usage détaillés: automatisations Make.com et IA.
Conclusion
Automatiser avec Make n’est pas réservé aux développeurs ni aux grandes entreprises. Avec un outil visuel, accessible à partir de 9$/mois, une PME peut éliminer des heures de travail répétitif chaque semaine et réduire drastiquement les erreurs de saisie et les oublis.
Par quel processus commenceriez-vous? La qualification de vos leads? Vos rapports hebdomadaires? La gestion de vos factures?
Contactez notre équipe pour un premier échange sur vos processus automatisables, ou découvrez notre formation Make pour progresser rapidement avec un accompagnement expert. En tant que partenaire académique Make, On Future accompagne les PME de Suisse romande de l’identification des premiers scénarios jusqu’à leur mise en production.
FAQ – Questions fréquentes
Faut-il savoir coder pour utiliser Make?
Non. Make.com est un outil no-code conçu pour les non-techniciens. L’interface visuelle permet de créer des scénarios en glissant-déposant des modules. Les fonctionnalités avancées (filtres, routeurs, itérateurs) s’apprennent en quelques heures de formation.
Combien coûte Make.com pour une PME?
Make propose un plan gratuit avec 1 000 crédits par mois, suffisant pour tester l’outil. Le plan Core démarre à 9$/mois pour 10 000 crédits mensuels. Le tarif augmente selon le volume de crédits nécessaires, en fonction du nombre de scénarios actifs et de leur fréquence d’exécution. Pour la majorité des PME de 1 à 10 personnes avec 10 à 15 scénarios automatisés, le plan Core suffit largement. Les modules IA (ChatGPT, Claude) représentent un coût supplémentaire d’environ 20 CHF/mois.
Combien de temps faut-il pour créer un premier scénario?
Un scénario simple (nouveau contact → ajout CRM → email de bienvenue) se crée en 15 à 30 minutes. Les scénarios complexes impliquant l’IA ou des conditions multiples nécessitent quelques heures. Avec une formation structurée, comptez 2 à 3 heures pour maîtriser les bases de l’outil.
Make peut-il se connecter à mes outils suisses?
Oui. Make se connecte notamment à Bexio (comptabilité suisse), Microsoft 365, Google Workspace, Slack, HubSpot, Salesforce, et plus de 3 000 autres applications. Si un connecteur natif n’existe pas, les webhooks et l’API HTTP permettent de se connecter à pratiquement n’importe quel outil.
Quelle est la différence entre Make et un assistant IA?
Make exécute des scénarios prédéterminés: si A se produit, alors faire B puis C. Un assistant IA comprend le contexte et prend des décisions autonomes. En 2026, Make combine les deux approches avec les Make AI Agents: des scénarios structurés intégrant des points de décision intelligents.