
Cet article dresse un état des lieux objectif et documenté de l’intelligence artificielle dans les entreprises suisses en 2026, des secteurs pionniers aux freins persistants, des usages concrets aux perspectives d’ici 2030. Si vous dirigez une PME, pilotez une transformation digitale ou cherchez à monter en compétences sur le sujet, vous trouverez ici les données et les repères dont vous avez besoin.
Plus de la moitié des entreprises suisses ont adopté l’intelligence artificielle. C’est le chiffre qui ressort de l’Observatoire Data & IA 2025 mené conjointement par Oracle et la HEG Genève. Pourtant, derrière ce taux d’adoption encourageant se cache une réalité plus contrastée: la plupart de ces déploiements restent fragmentés, limités à quelques cas d’usage, loin d’une stratégie IA structurée à l’échelle de l’organisation.
La Suisse face à la révolution IA: un pays bien positionné, des entreprises inégales
La Suisse occupe une position enviable dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle. Selon le Global Innovation Index 2025 de l’OMPI, elle conserve sa première place mondiale pour l’innovation, une distinction qu’elle détient depuis quinze ans consécutifs. Ce leadership s’appuie sur un triplé gagnant: des capacités de recherche de premier plan, un tissu industriel solide et des infrastructures numériques performantes.
Une recherche académique au niveau mondial
L’ETH Zurich et l’EPFL constituent le coeur battant de la recherche en IA helvétique. L’ETH Zurich figure au 4e rang mondial pour l’informatique selon le classement QS 2025. L’EPFL, de son côté, a publié en septembre 2025 Apertus, le premier grand modèle de langage (LLM) suisse entièrement ouvert et multilingue, développé en collaboration avec Swisscom et plusieurs universités. C’est une étape symbolique forte: la Suisse ne se contente plus de consommer les technologies IA, elle commence à en produire.
L’Institut Idiap à Martigny, rattaché à l’EPFL, demeure l’un des centres de recherche appliquée en IA les plus reconnus d’Europe, avec des spécialisations en traitement du langage naturel, reconnaissance vocale et vision par ordinateur. Le Swiss AI Center de la HES-SO complète ce dispositif avec une mission explicitement orientée vers le transfert technologique vers les PME.
Des investissements privés en forte accélération
En 2025, les start-ups suisses ont levé 2,9 milliards de francs suisses, selon le Startup Barometer EY 2026. Les entreprises IA représentaient une part significativement plus élevée de ces financements qu’en 2024. Microsoft a illustré cet engouement en investissant 400 millions de dollars dans l’infrastructure cloud et IA en Suisse, tout en ouvrant à Zurich un laboratoire de recherche IA après avoir recruté trois experts de Google DeepMind. Google, de son côté, a lancé son mode IA pour la recherche web depuis la Suisse en octobre 2025.
On Future s’inscrit pleinement dans cet écosystème technologique suisse à travers plusieurs partenariats structurants. Partenaire officiel de Make (anciennement Integromat), la plateforme d’automatisation de référence en Europe, On Future forme ses participants aux workflows d’automatisation IA les plus avancés du marché. Partenaire également de La Growth Machine, l’outil de prospection multicanal plébiscité par les équipes commerciales et marketing, On Future intègre ces solutions concrètes directement dans ses programmes de formation. Sur le plan de la reconnaissance institutionnelle, On Future est certifié eduQua, la certification qualité suisse de référence pour les établissements de formation continue, qui atteste de la rigueur pédagogique et de la qualité des prestations délivrées. Enfin, en tant que partenaire officiel d’ICT-Formation professionnelle Suisse, On Future est l’un des établissements accrédités pour préparer au Brevet fédéral AI Business Specialist, la première certification fédérale dédiée au pilotage de l’intelligence artificielle en entreprise.
Taux d’adoption de l’IA en Suisse: les chiffres clés de 2026
Comprendre le niveau réel d’adoption de l’IA nécessite de distinguer plusieurs dimensions: l’adoption déclarée, l’adoption effective et l’adoption stratégique. Ces trois niveaux sont très différents dans les données disponibles.
Plus d’une entreprise sur deux utilise l’IA, mais souvent de façon ponctuelle
L’étude HEG Genève / Oracle de 2025 révèle que 53 % des entreprises suisses interrogées utilisent une forme d’IA dans leurs opérations. ICT Journal, dans son analyse de septembre 2025, confirme cette tendance tout en soulignant que la majorité de ces déploiements restent tactiques plutôt que stratégiques. En clair: beaucoup d’entreprises utilisent un outil IA (souvent un assistant type ChatGPT ou Copilot), mais peu ont formalisé une stratégie IA intégrée à leur plan d’entreprise.
Le rapport BCG AI Radar 2026 va dans le même sens à l’échelle mondiale: les investissements dans l’IA devraient doubler en 2026, avec un leadership assumé des PDG, mais 70 % des entreprises ne parviennent pas encore à démontrer un retour sur investissement mesurable. La Suisse n’échappe pas à cette tension entre adoption croissante et valeur réelle encore difficile à quantifier.
Des écarts nets selon la taille de l’entreprise
La fracture numérique entre grandes entreprises et PME est particulièrement marquée sur l’IA:
- Les grandes entreprises (plus de 250 employés) affichent des taux d’adoption supérieurs à 70%, avec des équipes dédiées, des budgets spécifiques et des projets pilotes multiples
- Les PME (10 à 249 employés) oscillent entre 30 et 45% d’adoption, souvent limitée à des outils grand public non intégrés à leurs processus
- Les microentreprises (moins de 10 employés) restent majoritairement en dehors de l’adoption structurée, faute de ressources et de compétences internes
La SATW (Académie suisse des sciences techniques) a d’ailleurs publié en 2025 un guide pratique spécifiquement destiné aux PME à un tournant de leur trajectoire IA, reconnaissant implicitement que les petites structures ont besoin d’une approche différente pour accéder à ces technologies. On Future propose justement des formations IA adaptées aux équipes de PME romandes, avec des formats modulables selon les contraintes opérationnelles.
Adoption par secteur: des vitesses très différentes
Tous les secteurs de l’économie suisse ne progressent pas au même rythme. Voici le panorama des secteurs les plus avancés.
Les secteurs pionniers de l’IA en Suisse
Finance et banque: le secteur le plus mature
Le secteur financier suisse est sans conteste le plus avancé dans l’adoption de l’IA. UBS a traité 8 millions de prompts via ses outils d’IA générative au deuxième trimestre 2025 seulement. La banque déploie des solutions d’automatisation documentaire, d’analyse de portefeuille et d’assistance aux conseillers clientèle. Sergio Ermotti, son CEO, a déclaré publiquement que l’IA modifie structurellement le modèle opérationnel bancaire.
Le Swiss AI FinTech Day du groupe SIX réunit chaque année les acteurs de l’IA financière en Suisse. Swiss Banking confirme dans ses publications récentes que l’intelligence artificielle est devenue un axe stratégique central pour la compétitivité de la place financière helvétique, avec un Conseil fédéral qui a défini en 2025 son approche réglementaire sectorielle plutôt que généraliste sur l’IA.
Industrie et robotique: ABB en chef de file
ABB, géant zurichois de la robotique et de l’automatisation industrielle, a défini en 2025 ses nouvelles frontières technologiques autour de l’IA intégrée à la robotique. La vision, la manipulation précise, l’autonomie de déplacement et le traitement cognitif constituent les quatre axes de développement de ses systèmes robotiques nouvelle génération. Pour l’industrie suisse, l’IA n’est pas une abstraction: elle se traduit par des bras robotiques plus précis, des lignes de production plus flexibles et une maintenance prédictive qui réduit les arrêts.
Swissmem, la fédération de l’industrie des machines et des technologies, documente activement comment ses membres intègrent l’IA pour gagner en compétitivité face aux concurrents asiatiques et nord-américains.
Santé: des expérimentations à fort impact
Les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) ont lancé en 2025 le premier chatbot médical suisse doté d’IA, une innovation saluée par l’écosystème de la santé numérique. Genève a parallèlement inauguré son premier pôle d’intelligence artificielle en santé au Campus Biotech, réunissant chercheurs, cliniciens et entreprises technologiques. Ces initiatives illustrent comment l’IA s’installe progressivement dans le parcours de soins: aide au diagnostic, analyse d’imagerie médicale, gestion des dossiers patients, optimisation des plannings hospitaliers.
Assurance: Swiss Re, Zurich Insurance et La Mobilière en mouvement
Le secteur de l’assurance suisse exploite l’IA pour l’analyse du risque, la détection de fraudes et la personnalisation des offres. Zurich Insurance a publié en octobre 2025 ses avancées sur l’utilisation de l’IA dans la gestion des sinistres. Swiss Re s’appuie sur des modèles prédictifs pour affiner ses calculs de réassurance. La Mobilière publie régulièrement des données sur sa transformation numérique. L’IA y est davantage un outil de précision actuarielle que de relation client, même si ce deuxième axe se développe rapidement.
Logistique: Kuehne+Nagel comme exemple de transformation
Kuehne+Nagel, dont le siège est à Schindellegi en Suisse, a développé en partenariat avec Capgemini une solution d’orchestration de supply chain de bout en bout intégrant l’IA. L’objectif est d’optimiser les flux logistiques en temps réel, d’anticiper les ruptures et de réduire les coûts de transport. Un cas d’usage concret qui démontre comment l’IA s’intègre dans des opérations ultra-complexes à l’échelle mondiale.
Les usages concrets de l’IA dans les entreprises suisses
Au-delà des secteurs, quels sont les cas d’usage réellement déployés? Plusieurs sources convergent pour identifier les applications les plus fréquentes.
Automatisation des tâches répétitives
C’est le premier domaine d’adoption, tous secteurs confondus. Rédaction automatisée de rapports, extraction et traitement de données structurées, classification de documents, gestion des emails entrants: ces tâches à faible valeur ajoutée sont les premières ciblées par les solutions IA. Le gain de temps est immédiat et mesurable, ce qui en fait des projets pilotes idéaux pour démarrer une démarche IA sans prendre de risque technologique excessif.
Analyse de données et aide à la décision
Les outils d’analyse augmentée permettent de traiter des volumes de données qu’aucune équipe humaine ne pourrait analyser manuellement. En Suisse, les secteurs de la finance, de l’assurance et de la pharma sont les plus avancés sur cet axe. Roche et Novartis utilisent l’IA pour accélérer la recherche et développement médicamenteux, en analysant des millions de données moléculaires pour identifier des candidats prometteurs.
Marketing, relation client et personnalisation
L’IA générative transforme en profondeur les équipes marketing. Génération de contenus à grande échelle, personnalisation des messages selon les segments, analyse prédictive des comportements d’achat, optimisation des campagnes publicitaires en temps réel: les outils se sont démocratisés et les entreprises suisses les adoptent progressivement. Swatch a ainsi annoncé en juillet 2025 le lancement d’un service de personnalisation de montres basé sur l’IA, combinant données client et génération créative.
Pour les professionnels du marketing qui souhaitent maîtriser ces outils, nos formations marketing digital intègrent désormais un module complet sur l’utilisation de l’IA générative dans les stratégies de contenu et de communication.
Support client et agents IA
Les agents IA conversationnels (chatbots évolués, voicebots, assistants virtuels) se déploient rapidement dans le service client suisse. Swisscom a détaillé en septembre 2025 la technologie de son assistant IA pour les entreprises, avec une offre spécifique pour les PME et les secteurs réglementés lancée en février 2026. La promesse: une disponibilité 24/7, une réponse cohérente et la capacité à traiter simultanément des milliers d’interactions.
Cybersécurité
Dans un pays où la confidentialité et la sécurité des données sont des valeurs cardinales, l’IA appliquée à la cybersécurité connaît un essor important. Détection d’anomalies en temps réel, analyse comportementale, réponse automatisée aux incidents: les entreprises suisses, particulièrement dans la finance et la pharma, investissent dans ces solutions pour faire face à des menaces qui évoluent aussi vite que les technologies de défense.
Les freins à l’adoption de l’IA en Suisse: pourquoi 47 % restent à l’écart
Si plus de la moitié des entreprises ont franchi le pas, près de la moitié n’ont pas encore intégré l’IA de façon significative. Les obstacles identifiés par les études récentes sont cohérents et récurrents.
Le déficit de compétences internes: le frein numéro un
L’étude HEG Genève / Oracle et les rapports de la SATW s’accordent sur ce point: le manque de compétences en IA au sein des équipes est l’obstacle principal cité par les dirigeants d’entreprise suisses. Ce n’est pas seulement une question de data scientists ou d’ingénieurs en machine learning. C’est aussi le besoin de former les managers, les équipes métier et les décideurs à comprendre ce que l’IA peut faire, ce qu’elle ne peut pas faire, et comment l’intégrer dans leurs processus existants.
C’est précisément pour répondre à ce besoin que le Brevet fédéral AI Business Specialist a été créé. Cette certification reconnue par la Confédération forme les professionnels à piloter des projets IA dans leur entreprise, sans nécessiter de background technique avancé.
Les participants aux formations On Future témoignent directement de cette montée en compétences. Lindsey, Spécialiste Marketing, résume l’expérience ainsi : « J’ai eu le plaisir de suivre une formation LinkedIn chez On Future et je la recommande sans hésiter. La qualité de l’enseignement, le sérieux de l’organisation et l’approche très concrète font vraiment la différence. J’ai trouvé mon école pour le digital ! » Catherine, International Marketing Strategist, abonde dans le même sens : « On Future est clairement aujourd’hui un acteur incontournable en matière d’IA en Suisse Romande. Je recommande vivement ! » Daphné, Group Marketing & Communications Director, qui a suivi plusieurs formations en 2025 (marketing stratégique, IA, GEO…), conclut : « Les contenus sont pointus, actuels et immédiatement applicables. Les formateurs, tous experts issus d’agences spécialisées, apportent une vraie valeur terrain. Il s’agit d’un organisme de formation d’excellence. »
Le coût perçu des projets IA
Beaucoup de dirigeants de PME associent encore l’IA à des projets coûteux et complexes. Cette perception est partiellement dépassée: les outils SaaS IA sont aujourd’hui accessibles à des tarifs mensuels raisonnables, et les premières expérimentations peuvent être menées avec des budgets limités. Mais la résistance psychologique persiste, renforcée par des histoires de projets pilotes qui ont duré des mois sans résultats tangibles.
La gouvernance des données et les enjeux réglementaires
La Suisse est dans une position particulière face à l’IA Act européen. Bien que non membre de l’UE, les entreprises suisses qui opèrent en Europe ou traitent des données de résidents européens sont indirectement concernées par cette réglementation. Le Conseil fédéral a opté en 2025 pour une approche sectorielle plutôt qu’une loi générale sur l’IA, mais les entreprises naviguent souvent dans une incertitude réglementaire qui freine les investissements. S’ajoutent les exigences de la LPD (Loi sur la Protection des Données), entrée en vigueur en septembre 2023, qui impose des contraintes spécifiques sur l’utilisation des données personnelles dans les systèmes IA.
La résistance culturelle et organisationnelle
L’adoption de l’IA n’est pas qu’un défi technologique. C’est avant tout un défi humain et managérial. La crainte de voir son poste automatisé, le scepticisme face à des outils perçus comme opaques, la résistance au changement des processus établis: ces facteurs culturels ralentissent le déploiement dans de nombreuses organisations. Les entreprises qui réussissent leur transformation IA sont celles qui investissent autant dans l’accompagnement du changement que dans la technologie elle-même.
L’impact de l’IA sur les métiers et les compétences en Suisse
Le World Economic Forum, dans son Future of Jobs Report 2025, estime que 40 % des compétences actuelles seront transformées d’ici 2030 sous l’effet de l’IA et de l’automatisation. En Suisse, le KOF de l’ETH Zurich a publié en décembre 2025 une analyse détaillée sur l’impact de l’IA sur le marché du travail helvétique, avec un constat nuancé: l’IA crée autant de nouveaux rôles qu’elle en transforme.
Les métiers les plus impactés
Les postes les plus exposés à l’automatisation partielle sont ceux qui comportent une forte proportion de tâches répétitives et codifiables: traitement administratif, analyse de données standardisée, certains aspects du service client, comptabilité de base. A contrario, les métiers qui combinent jugement humain, créativité, relation interpersonnelle et expertise contextuelle sont moins exposés à l’automatisation totale, mais doivent intégrer l’IA comme outil de travail quotidien.
Les nouvelles compétences les plus demandées
Le PwC AI Jobs Barometer 2025, qui analyse spécifiquement le marché suisse, identifie une croissance significative des offres d’emploi nécessitant des compétences en IA. Les rôles les plus recherchés ne sont pas uniquement techniques: les profils capables de définir des cas d’usage IA, de piloter des projets de transformation et de communiquer sur les résultats sont particulièrement valorisés. L’ingénierie de prompt, la gestion de projets IA et la compréhension des modèles de gouvernance de données font partie des compétences les plus citées.
La formation continue devient un impératif. Découvrez les formations continues en intelligence artificielle proposées par On Future, conçues pour les professionnels en activité qui souhaitent évoluer sans interrompre leur carrière. Les formations On Future sont disponibles en présentiel à Genève et à Lausanne, en distanciel via des classes virtuelles en direct, ou en format hybride combinant les deux. Les cours sont organisés en soirée et le week-end pour s’adapter aux professionnels en activité. Les durées varient de 10 heures pour les certificats de compétence aux 350 heures du Brevet fédéral. Sur le plan du financement, les participants peuvent bénéficier d’une subvention fédérale couvrant jusqu’à 50 % du coût des formations menant à un titre fédéral, cumulable avec les aides cantonales — jusqu’à 75 % de financement pour les résidents vaudois. On Future accompagne chaque candidat dans l’identification des aides disponibles selon sa situation.
Stratégies d’implémentation: comment les entreprises suisses avancent concrètement
Le BCG AI Radar 2026 et le Deloitte State of AI 2026 décrivent les approches d’implémentation les plus efficaces. Les entreprises qui tirent le meilleur parti de l’IA suivent généralement une progression en trois temps.
Phase 1: expérimentation ciblée (0-6 mois)
Les entreprises commencent par identifier un ou deux cas d’usage à fort potentiel et faible complexité. L’objectif n’est pas de révolutionner l’organisation mais de produire une démonstration de valeur rapide qui légitime l’investissement et mobilise les équipes. Un outil de génération de contenu pour le marketing, un assistant IA pour le service client, un outil d’analyse de données pour les ventes: ces premiers projets servent de laboratoire d’apprentissage.
Phase 2: projets pilotes structurés (6-18 mois)
Forts des enseignements de l’expérimentation, les entreprises définissent des projets pilotes avec des objectifs mesurables, des indicateurs de performance et une méthodologie de déploiement. C’est à ce stade que la question des compétences internes devient critique: qui pilote le projet? Qui forme les équipes? Comment mesurons-nous le ROI? Les entreprises qui ont investi dans la formation de leurs collaborateurs à ce stade progressent sensiblement plus vite.
Phase 3: intégration stratégique et déploiement à l’échelle
Les organisations les plus matures intègrent l’IA dans leur plan stratégique à 3-5 ans, définissent une gouvernance des données, établissent des règles d’éthique et de conformité, et déploient des solutions à l’échelle de l’entreprise. En Suisse, UBS et Zurich Insurance représentent des exemples de cette maturité dans leurs secteurs respectifs. Selon le BCG, un PDG sur deux considère désormais que sa réussite dépend directement de sa stratégie IA.
Perspectives pour les entreprises suisses d’ici 2030
Les trajectoires identifiées par les grandes études convergent vers plusieurs tendances structurelles qui vont remodeler le paysage des entreprises suisses dans les quatre prochaines années.
La généralisation de l’IA générative dans tous les métiers
D’ici 2030, l’IA générative ne sera plus un avantage concurrentiel mais un standard opérationnel. Les entreprises qui n’auront pas intégré ces outils dans leurs workflows seront structurellement désavantagées en termes de productivité et de coûts. Google a estimé que l’IA pourrait doper le PIB suisse de plus de 80 milliards de francs. McKinsey chiffre le potentiel de gains de productivité liés à l’automatisation par l’IA à 20-30 % dans de nombreux secteurs.
La montée en puissance des agents IA autonomes
Au-delà des assistants IA qui répondent à des questions, les agents IA capables d’exécuter des tâches complexes de façon autonome vont se déployer massivement. Ces systèmes pourront gérer des flux de travail entiers: de la qualification d’un lead commercial à la préparation d’un dossier de crédit, en passant par l’optimisation continue de campagnes marketing. Le concept de « superagency » – la capacité des collaborateurs à accomplir beaucoup plus grâce aux agents IA – sera central dans les organisations 2030.
La souveraineté technologique comme enjeu stratégique
Le lancement d’Apertus, le LLM suisse ouvert, symbolise une prise de conscience: la dépendance envers des modèles IA américains ou chinois comporte des risques de souveraineté des données et d’alignement avec les valeurs helvétiques. La Confédération, via sa stratégie numérique 2025, encourage le développement de capacités IA locales, notamment dans les services publics et les secteurs sensibles.
La formation comme investissement stratégique incontournable
Toutes les études s’accordent sur un point: le facteur limitant de la transformation IA ne sera pas la technologie mais les compétences humaines. Les entreprises suisses qui investiront le plus dans la montée en compétences de leurs équipes sur l’IA seront celles qui tireront le plus de valeur de ces technologies. Ce constat fait de la formation IA en entreprise un investissement stratégique, non une dépense.
Ce que les entreprises suisses doivent décider aujourd’hui
L’intelligence artificielle dans les entreprises suisses n’est plus une question de « si » mais de « comment » et de « à quelle vitesse ». Les données de 2025-2026 dessinent un tableau sans ambiguité: les entreprises qui avancent méthodiquement gagnent en productivité, en compétitivité et en attractivité pour les talents. Celles qui attendent consolident une position de retard difficile à rattraper.
Trois décisions stratégiques s’imposent dès aujourd’hui pour les dirigeants et responsables qui n’ont pas encore structuré leur approche IA:
- Identifier un premier cas d’usage prioritaire avec un ROI mesurable sur 6 mois, pour créer l’élan interne nécessaire.
- Former au moins un référent IA dans l’organisation, capable de piloter les projets, d’évaluer les outils et de former ses collègues. Le Brevet fédéral AI Business Specialist est la certification suisse de référence pour ce profil.
- Poser les bases de la gouvernance des données, sans lesquelles aucun projet IA ne peut produire des résultats durables et conformes aux exigences légales.
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FAQ : intelligence artificielle dans les entreprises suisses
Quel est le taux d’adoption de l’IA dans les entreprises suisses en 2026 ?
Selon l’Observatoire Data & IA 2025 d’Oracle et de la HEG Genève, plus de 53 % des entreprises suisses utilisent une forme d’IA dans leurs opérations. Ce chiffre monte au-dessus de 70 % pour les grandes entreprises, mais reste inférieur à 45 % pour les PME. La majorité de ces déploiements concernent des outils d’IA générative ou d’automatisation de tâches, pas encore des stratégies IA globales.
Quels secteurs sont les plus avancés dans l’adoption de l’IA en Suisse ?
La finance et la banque arrivent en tête, suivies par l’industrie manufacturière et la robotique, la santé, l’assurance et la logistique. UBS, ABB, Zurich Insurance, les HUG et Kuehne+Nagel figurent parmi les entreprises suisses les plus avancées dans leurs déploiements IA respectifs.
Quels sont les principaux freins à l’adoption de l’IA pour les PME suisses ?
Le manque de compétences internes est le frein numéro un, devant le coût perçu des projets et les incertitudes réglementaires. La résistance culturelle au changement et la difficulté à identifier des cas d’usage à ROI rapide complètent ce tableau. Former un référent IA interne est souvent l’étape la plus efficace pour démarrer une transformation IA dans une PME.
Qu’est-ce que le Brevet fédéral AI Business Specialist et à qui s’adresse-t-il ?
Le Brevet fédéral AI Business Specialist est une certification professionnelle reconnue par la Confédération suisse, créée par ICT-Formation professionnelle Suisse. Elle s’adresse aux professionnels qui souhaitent piloter des projets IA dans leur entreprise sans nécessairement avoir un profil technique avancé. Elle couvre la stratégie IA, la gestion de projets IA, l’éthique et la gouvernance des données. On Future propose une formation préparatoire complète à ce titre fédéral.
Comment l’IA va-t-elle transformer le marché du travail suisse d’ici 2030 ?
Le KOF de l’ETH Zurich et le PwC AI Jobs Barometer s’accordent sur une transformation profonde mais pas catastrophiste du marché du travail. L’IA automatisera partiellement de nombreux postes, mais créera simultanément de nouveaux rôles. Les compétences en gestion de projets IA, en ingénierie de prompt et en analyse de données seront parmi les plus demandées. La formation continue devient un investissement stratégique pour rester employable et compétitif.
Quelles sont les obligations légales pour une entreprise suisse qui utilise l’IA ?
En Suisse, l’utilisation de l’IA est principalement encadrée par la LPD (Loi sur la Protection des Données, en vigueur depuis septembre 2023) pour tout ce qui touche aux données personnelles. Les entreprises qui opèrent en Europe sont également concernées par l’AI Act européen selon leurs activités. Le Conseil fédéral a opté pour une approche réglementaire sectorielle plutôt qu’une loi générale sur l’IA, favorisant la flexibilité tout en maintenant des standards de protection élevés.